S‘il est un domaine dans lequel la discrétion est de mise, c’est bien dans nos jeux sexuels. Et pourtant, avec l’arrivée de compagnons de jeux connectés certains fabricants semblent ne pas l’avoir compris. Le concepteur du vibromasseur We-Vibe vient de l’apprendre à ses dépens, en devant s’acquitter de $3,75 millions à des clients américains lésés pour quelques indiscrétions de l’application smartphone qui accompagne ce vibromasseur.

La compagnie canadienne à l’origine de ce jouet pour couple We-Vibe Sync va en effet devoir rembourser jusqu’à $10 000 à chaque client qui se sont identifiés auprès de la class action lancée par 2 clients et à l’origine de cette condamnation. Pour ceux qui n’ont fait qu’acheter ce produit sans rejoindre la class action, ils toucheront tout de même $199 chacun, pour un produit vendu initialement à 189€ et maintenant autour des 106€ c’est l’équivalent d’un remboursement.

Le We-Vibe est un vibromasseur très moderne, il s’utilise à 2 grâce à sa forme qui permet d’accueillir monsieur alors qu’il est déjà placé dans madame. Les vibrations sont nombreuses et variées et ressenties du coup par les 2 partenaires. Pour les séances solitaires, la personne absente peut toutefois commander les vibrations à distance par le biais d’une application smartphone puisque le sex-toy est compatible Bluetooth (et rechargeable par USB).

C’est justement cette application qui est montrée du doigt. Elle bafoue tout simplement le droit au respect de la vie privée en envoyant aux serveurs du fabricant canadien des données beaucoup trop indiscrètes: fréquence d’utilisation, intensité des vibrations, températures, etc. Pour peu que ces données puissent être rattachées à des propriétaires nominativement et on peut imaginer le scandale si ces données venaient à être utilisées… ou piratées.

Cet accord avec la justice américaine aura permis de faire la lumière sur cette pratique et sensibilisera tous les adeptes des objets connectés, aussi intimes soient-ils. Le fabricant We-Vibe au travers de porte-parole déclare être satisfait de l’accord trouvé et a amélioré la sécurité de son application et les données échangées en offrant plus de choix de partage aux clients.